Retour sur le colloque 2025 - Pour une école promotrice de bien-être

MN
Maëlle Nioche
Intervention de Catherine Roger, psychologue conseillère technique santé mentale au sein du bureau de la santé et de l’action sociale de la DGESCO.

Cadre général : santé mentale et bien-être

La santé mentale est structurée en trois dimensions :
  •  maladies mentales (7 à 10 % de la population) 
  •  détresse psychologique (20 à 25 %) 
  •  santé mentale positive ou bien-être (satisfaction des besoins fondamentaux) 
Les troubles de l’enfance et de l’adolescence sont également distingués :
  •  troubles du neuro-développement 
  •  troubles du comportement 
  •  troubles émotionnels 

État de santé mentale des enfants et adolescents

Les données issues des enquêtes ENABEE et EnCLASS montrent :
  •  8 % des élèves de maternelle présentent une difficulté probable 
  •  13 % des enfants d’élémentaire présentent un trouble probable 
  •  faible recours aux professionnels de santé mentale malgré les besoins 
  •  baisse du bien-être au collège et au lycée 
  •  augmentation du sentiment de solitude et des troubles dépressifs à l’adolescence 
Une dégradation importante est observée depuis la pandémie :
  •  doublement des symptômes anxieux et dépressifs 
  •  triplement des tentatives de suicide 
  •  suicide deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans 

Réponse institutionnelle

La politique éducative s’inscrit dans une évolution progressive :
  •  démarche "École promotrice de santé" 
  •  stratégies interministérielles sur les compétences psychosociales (CPS) 
  •  assises de la santé mentale et de la psychiatrie 
  •  généralisation de dispositifs de prévention et d’accompagnement 
  •  priorité renforcée dans les circulaires de rentrée 

L’école promotrice de santé

L’approche repose sur un changement de paradigme :
  •  passage d’actions isolées à une démarche globale et systémique 
  •  articulation entre information, éducation et promotion de la santé 
  •  mobilisation de toute la communauté éducative 
  •  objectif de renforcement du pouvoir d’agir des élèves 
La santé devient un fil conducteur du pilotage des établissements.

Pilotage et organisation

La mise en œuvre repose sur plusieurs leviers :
  •  projet d’établissement 
  •  auto-évaluation et évaluation externe 
  •  contractualisation 
  •  labellisation 
  •  rapports de fonctionnement pédagogique 
Un point de vigilance est souligné : la santé mentale des élèves est liée à celle des personnels.

Compétences psychosociales (CPS)

Les CPS sont identifiées comme un levier central :
  •  amélioration du climat scolaire 
  •  réduction du harcèlement et des addictions 
  •  amélioration de la réussite scolaire et de l’insertion 
  •  meilleur prédicteur de réussite que l’origine sociale 
Elles contribuent à développer l’autonomie, la capacité de choix et les relations sociales.

Cadre d’intervention

Les interventions en santé à l’école doivent respecter :
  •  la neutralité et la laïcité 
  •  une base scientifique validée 
  •  l’absence de confusion avec le soin 
  •  la vigilance face aux dérives 

Ressources et dispositifs

Les ressources mobilisées incluent :
  •  pages institutionnelles (Éduscol, santé mentale, CPS) 
  •  réseaux académiques et conseillers techniques 
  •  dispositifs expérimentaux (IAT santé mentale) 
  •  démarches de labellisation et de pilotage 

Conclusion

L’intervention de la DGESCO présente une stratégie globale de transformation de l’école vers un modèle "promoteur de santé", dans lequel la santé mentale, le bien-être et les compétences psychosociales constituent des leviers structurants de réussite éducative et d’équité.